Guide assurance emprunteur

Assurance emprunteur et dépression : vos droits pour emprunter malgré la maladie

La dépression est la pathologie psychiatrique la plus fréquente en France. Si elle peut compliquer l'accès à l'assurance emprunteur, des solutions existent pour chaque situation. Voici comment les identifier.

Bonne nouvelle : dans la grande majorité des cas, une solution en délégation d'assurance existe.

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Rédigé par Valtya Relu par notre expert sélection médicale et risques aggravés

Publié le
24 avril 2026
Mis à jour le
08 mai 2026

Comprendre la dépression : présentation pour les emprunteurs

La dépression est un trouble de l'humeur caractérisé par une tristesse persistante, une perte d'intérêt, une fatigue profonde et des difficultés à fonctionner au quotidien. En France, environ 3 millions de personnes en souffrent chaque année. Elle peut survenir à tout âge et touche aussi bien les actifs que les retraités.

On distingue plusieurs formes, dont la distinction est fondamentale en matière d'assurance :

  • L'épisode dépressif caractérisé unique : un seul épisode, résolu, sans rechute — le profil le plus favorable aux yeux des assureurs
  • La dépression récurrente : plusieurs épisodes dépressifs distincts séparés par des périodes de rémission — profil scruté plus attentivement, notamment la fréquence des épisodes et la durée des rémissions
  • La dysthymie : dépression chronique de faible intensité, persistant pendant des années — traitement prolongé, conditions d'assurance plus restrictives
  • La dépression résistante : ne répondant pas aux traitements standards — profil difficile, convention AERAS souvent nécessaire

La dépression se traite efficacement par une combinaison d'antidépresseurs et de psychothérapie. La majorité des personnes traitées connaissent une rémission complète et reprennent une vie normale — y compris professionnelle.


Impact sur l'assurance emprunteur

La dépression est une pathologie psychiatrique, catégorie qui suscite une prudence particulière de la part des assureurs en raison du risque de récidive et de l'impact potentiel sur la capacité à travailler. L'évaluation du risque dépend de plusieurs facteurs :

  • Le caractère unique ou récurrent des épisodes : un épisode isolé résolu est très différent d'une dépression récurrente ou résistante
  • La date du dernier épisode et la durée de la rémission actuelle
  • Le traitement en cours : un traitement antidépresseur de fond peut être interprété comme un signal de risque résiduel
  • L'existence d'arrêts de travail antérieurs liés à la dépression et leur durée
  • La présence ou non d'hospitalisations psychiatriques

Les conséquences varient très significativement selon la forme clinique :

Épisode dépressif unique, résolu depuis plus de 3 ans, sans traitement en cours :

  • Profil le plus favorable : certains assureurs acceptent sans exclusion psychiatrique
  • Surprime décès nulle ou faible, exclusion ITT partielle parfois négociable ou absente

Dépression récurrente stabilisée (dernier épisode > 2 ans, traitement en cours) :

  • Exclusion ITT pour cause psychiatrique fréquente
  • Surprime décès modérée selon la fréquence des épisodes et la durée de stabilisation
  • Couverture décès/PTIA généralement accessible en délégation d'assurance

Dépression récurrente à épisodes rapprochés ou résistante :

  • Exclusion systématique ITT pour cause psychiatrique
  • Surprime décès significative, refus possible en circuit standard
  • Convention AERAS nécessaire pour débloquer l'accès à la couverture décès

Formalités médicales demandées par les assureurs

Le questionnaire de santé pour un antécédent de dépression porte sur :

  • La nature du trouble : épisode unique, dépression récurrente, dysthymie
  • Les dates de début et de fin de chaque épisode
  • Les traitements suivis (médicaments, psychothérapie, hospitalisation)
  • La durée des arrêts de travail éventuels
  • La situation actuelle : en rémission, encore sous traitement ?

Documents parfois demandés :

  • Rapport du psychiatre ou du médecin traitant sur l'état actuel
  • Durée et nature des arrêts de travail (attestations employeur ou CPAM)
  • Lettre de sortie d'hospitalisation si applicable

Les troubles psychiatriques sont couverts par le secret médical le plus strict. Vous n'avez à déclarer que ce qui est demandé dans le questionnaire, ni plus ni moins. Valtya peut vous aider à comprendre ce que vous devez et ce que vous n'avez pas à mentionner.


Comment limiter le risque d'exclusion psychiatrique

L'objectif n'est pas seulement d'obtenir une acceptation. Il est d'obtenir un contrat qui reste utile en cas d'arrêt de travail ou d'invalidité. Pour cela, un dossier dépression doit être préparé avec précision :

  • dater clairement le dernier épisode
  • documenter la durée de stabilisation
  • préciser l'absence d'hospitalisation récente s'il y a lieu
  • distinguer épisode unique, rechutes et traitement de fond
  • vérifier très tôt la position de l'assureur sur la garantie ITT

Sur ce point, notre page sur la garantie ITT est un complément indispensable : beaucoup de contrats paraissent corrects sur le décès, mais deviennent beaucoup moins protecteurs dès qu'on regarde les clauses psychiques.


Exclusions courantes et comment les négocier

Exclusions les plus fréquentes :

  • Garantie ITT exclue pour toute cause d'origine psychiatrique ou psychologique
  • Arrêt de travail lié à une rechute dépressive non couvert
  • En cas d'antécédent de tentative de suicide : exclusion sur la garantie décès (levable après un délai)

Stratégies de négociation :

La délégation d'assurance ouvre l'accès à des assureurs spécialisés qui traitent différemment les antécédents psychiatriques selon leur ancienneté. Un épisode dépressif unique résolu depuis plus de 3 ans, sans rechute et sans traitement en cours, peut parfois être accepté sans exclusion psychiatrique.

Pour les dépressions récurrentes, une exclusion partielle est souvent préférable à une exclusion totale : elle exclut uniquement les arrêts de travail liés à un épisode psychiatrique avéré, tout en couvrant le reste (accident, maladie physique).

Le rachat d'exclusion psychiatrique existe chez certains assureurs, généralement après une période de stabilité documentée.


La convention AERAS : votre filet de sécurité

La convention AERAS peut devenir utile lorsque votre dossier ne peut pas être accepté aux conditions standard. Pour les personnes souffrant ou ayant souffert de dépression :

  • L'examen jusqu'à 3 niveaux successifs, si nécessaire, permet de ne pas s'arrêter à la seule lecture standard du risque
  • L'écrêtement des surprimes peut s'appliquer pour certains prêts et sous conditions de revenus

À noter : la dépression ne figure pas dans la grille de référence AERAS (édition septembre 2023). Il n'existe pas de conditions standardisées spécifiques à cette pathologie — chaque dossier est examiné individuellement par des médecins conseils spécialisés en psychiatrie aux niveaux 2 et 3. La convention peut ouvrir l'accès à la couverture décès.

Un point clé : la convention AERAS ne garantit pas l'accès à la garantie ITT, qui reste exclue dans la grande majorité des cas sur les antécédents psychiatriques. Pour cette dernière, la négociation avec les assureurs spécialisés via la délégation d'assurance reste le levier le plus efficace.


Quel parcours est le plus pertinent pour vous


Témoignage

Prénom modifié, identité protégée.

« J'ai traversé deux épisodes dépressifs : un à 28 ans, un à 33 ans. À 38 ans, lors de mon projet d'achat, j'étais en rémission depuis 4 ans, sans traitement. La banque m'a refusé l'ITT psychiatrique dans son contrat groupe. Valtya m'a orienté vers un assureur alternatif qui a accepté mon profil avec une exclusion ITT psychiatrique uniquement pour les 2 premières années, puis levée automatiquement. Le coût était comparable au tarif standard. J'ai pu signer mon prêt sans compromis majeur. »

— Julien, 39 ans, propriétaire depuis 2024


Valtya vous accompagne

Votre situation médicale mérite une analyse individuelle, pas une réponse automatique. Chez Valtya, nos conseillers spécialisés en assurance emprunteur :

  • Échangent avec vous, dans le respect du secret médical, pour identifier la stratégie optimale (délégation d'assurance, convention AERAS, rachat d'exclusion)
  • Comparent les offres des assureurs traitant favorablement les antécédents psychiatriques
  • Négocient les exclusions et les surprimes en présentant votre dossier de manière complète
  • Vous accompagnent jusqu'à la signature, sans frais cachés

L'appel de découverte est gratuit et sans engagement. Prenez 10 minutes pour nous expliquer votre situation — nous prenons le reste en charge.

Vous pouvez aussi consulter notre page expertise assurance emprunteur pour comprendre comment Valtya aborde les dossiers sensibles et les exclusions psychiatriques.


Sources

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FAQ : Questions fréquentes

Peut-on obtenir une assurance emprunteur après une dépression ?

Oui, mais les conditions dépendent beaucoup du nombre d’épisodes, de la durée de rémission, des traitements en cours et des antécédents d’arrêt de travail ou d’hospitalisation.

Les contrats excluent-ils souvent l’ITT pour cause psychiatrique ?

Oui, c’est fréquent, surtout dans les contrats groupe bancaires. La délégation d’assurance permet parfois de trouver des solutions plus nuancées.

Un épisode dépressif unique ancien est-il mieux perçu ?

Oui. Un épisode isolé, ancien, résolu et sans traitement en cours est généralement bien mieux accepté qu’une dépression récurrente ou résistante.

La convention AERAS garantit-elle aussi l’ITT en cas de dépression ?

Non, pas nécessairement. Elle peut ouvrir l’accès à la couverture décès/PTIA, mais l’ITT reste souvent le point le plus difficile.